L’histoire du Manuscrit de Foix

Le Manuscrit de Foix

Loin des grands maîtres parisiens, on peut imaginer l’auteur anonyme du Manuscrit de Foix notant une mélodie à la mode ou une composition personnelle à jouer pour lui même ou quelques amis. Soigneusement sa plume couche les notes sur le papier épais. Actuellement conservé dans la Bibliothèque Municipale de Foix en Ariège, ce manuscrit de grand format oblong comprend une soixantaine de pièces de viole classées par ton.
Les mouvements de danse, le caractère des pièces, l’utilisation des clefs d’ut trois et de fa, l’ornementation idiomatique (le tremblement, la plainte, le flattement), les doigtés et les coups d’archet nous montrent de la musique française du XVIIIe siècle pour basse de viole. pageMsdeFoix Ce manuscrit date du début du dix-huitième siècle. Probablement il faisait partie des écrits réquisitionnés à la Révolution française pour être mis à la disposition du public à la fondation de la première Bibliothèque de Foix. Seulement le public ne jouait plus de la viole…et donc le livre est resté dans l’oubli jusqu’à sa renaissance actuelle. Quand le manuscrit a été redécouvert en 1997 par le musicologue Jean-Christophe Maillard, l’heureuse coïncidence était que ce manuscrit se trouve à quelques kilomètres de chez moi, à l’époque le seul violiste professionnel en Midi-Pyrénées.
Foix est une petite ville de 8000 habitants au pied des Pyrénées et d’un magnifique château. Ville comtale de Gaston Phoebus (XIVe), en terre cathare, c’est la préfecture du département de l’Ariège.Le manuscrit lui-même est magnifique: le papier à chiffon épais est en très bon état. La  couleur de l’encre pas tout à fait noire et la graphie précise et claire, font le lien entre nous et ce violiste proche et lointain à la fois.La musique est relativement simple avec une écriture moins savante que celle des grands maîtres parisiens, mais avec beaucoup de charme et une grande profondeur dans les pièces lentes et nostalgiques.On y trouve des airs connus à l’époque, des préludes improvisés, de beaux rondeaux et quelques pièces dont les 8 ou 12 mesures donnent juste une ébauche. Mais il faut se méfier des apparences, car une petite ligne de rien du tout, parfois même sans nom peu héberger une idée musicale très originale.Les pièces sont classées par ton: 3 en do, 7 en ré, 3 en mi, 2 en fa, 15 en sol et 18 en la, puis une dizaine de pièces à deux voix. Étonnant est la façon de mélanger majeur et mineur.Un petit problème, ou un défi, posent les endroits vers la fin du livre où les souris ou le temps ont mangé un bout de la partition. Des fois on peut facilement reconstruire la partie manquante, des fois il faut inventer un début de pièce ou une fin de phrase.Qui peut avoir été l’auteur de ce manuscrit ?Un Ariégeois ? Peut-être…. Un violiste? Certainement ! Peut-être plutôt  un amateur (noble ?) en composition car l’écriture est libre et pas du tout académique.Et de qui est cette belle “Chanson de Saint Jacques en couplet ou variations”, écrite d’une autre main que les autres pièces? Était-ce un musicien-pèlerin sur le chemin de saint Jacques, qui laisse une chanson à son hôte lors de son passage ?Les concordances suivantes ont été trouvées :
Page   2           Je suis charmé d’une brune = Brunettes ou petits airs tendres
Page   3           les Rats = ms BN Paris pour théorbe
Page   3           Menuet = Caix d’Hervelois 1er livre
Page 10           sans titre = Vous qui donnez de l’amour
Page 10           La Filleuse = M. Marais 3e livre La Muzette 105
Page 17           sans titre = Brunette : Iris au bords de Seine
Page 19           Air ou Chanson de St. Jacques = Lorsque nous partîmes de France. Ano 1718.                        Cancionero de los Peregrinos de Santiago, San Sebastian
Page 27           sans titre = Marin Marais, 2e livre, Prélude 81
Page 27           Rondeau = Roland Marais, 1er livre, p 8 le Vanterol
Page 27           Mineur = R. Marais, 1er livre, p 12 Rondeau Le Goiffon
Page 28           Rondeau = R. Marais, 1er livre, p 2 Rondeau tendre et gracieux
Page 29           dans une autre écriture : une parodie pour soprane et basse sur l’air des fleurs des Indes galantes de Rameau de 1735.  

Commandez le CD (15euros) par mail à coenengelhard@gmail.com

ou écoutez les enregistrements sur Soundcloud

.  La partition en PDF

 

 

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